Page:Gautier - Isoline et la Fleur Serpent, Charavay frères, 1882.djvu/162

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était taillée comme la sienne. Toute la ressemblance d’ailleurs s’arrêtait là, mais, par une nuit aussi sombre, et grâce au pardessus si reconnaissable, cette ressemblance pouvait suffire.

« Le batelier dormait dans sa barque, il n’avait rien entendu, rien vu ; il n’y avait rien eu à entendre d’ailleurs et rien autre à voir que l’obscure nuit.

« Je le secouai, en sautant dans la barque ; il s’éveilla vite, et se mit à ramer rapidement. L’atmosphère lourde pesait sur l’eau immobile, plombée. De l’autre côté de la baie les lumières de Naples se reflétaient en longues traînées rousses. On entendait distinctement les rumeurs de la ville, tant la mer était silencieuse. Nous touchâmes au quai et je me dirigeai à pied vers le paquebot, en ayant soin de rabattre mon chapeau sur mes yeux et d’allumer un cigare.

« Je savais que le domestique de Scala s’appelait Martino, mais je n’avais jamais remarqué son aspect physique. Je n’avais même peut-être jamais vu ce garçon. C’était là un point qui m’inquiétait. Martino attendait assurément son maître au bateau, il fallait qu’il me vît et me prît pour un