Page:Gautier - L’Orient, tome 1, Charpentier-Fasquelle, 1893.djvu/115

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EXCURSION EN GRÈCE.

au sortir du golfe de Smyrne, et secoué de la belle manière ; le tuyau de la cheminée était blanchi jusqu’au milieu par la folle écume des vagues, et le long de Tinos, où un pyroscaphe anglais se tenait abrité, ne pouvant aller plus loin. Pour arriver, nous avions eu à fendre une mer très-grosse et très-dure que labourait à grand’peine notre roue inondée d’eau et poussée par l’effort de la machine chauffée à outrance.

Quoique la rade de Syra soit ouverte à tous les vents et assez mal défendue de la houle du large, comme la brise était un peu tombée, nous nous trouvions, relativement, très-tranquilles. Plus de ces affreux craquements si insupportables dans un navire qui fatigue, et qui semblent présager sa dislocation complète ; plus de ces cliquetis inquiétants de vaisselle ; plus de ces chaises envoyées d’un bout à l’autre du salon par un coup de roulis ou un coup de tangage ; plus de ces plaintes sourdes, de ces gémissements inarticulés, de ces efforts convulsifs de la machine haletante, de ces bruits pleins