Page:Gautier - L’Orient, tome 1, Charpentier-Fasquelle, 1893.djvu/92

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L’ORIENT.

sée, qui a été le berceau du genre humain et qui ne demande qu’à revivre.

Constantinople, que Fourier, avec son admirable instinct, proposait pour capitale de l’Omniarchat harmonien, est située providentiellement entre l’Europe et l’Asie, pour recevoir les lumières de l’une et les refléter sur l’autre. Quand les guerres seront finies et la situation de l’empire turc assurée à tout jamais, Istamboul deviendra un merveilleux centre de civilisation. Toutes les inventions de la science moderne, appliquées à la fécondation d’une terre vierge pour ainsi dire, sous un ciel magnifique, produiront des résultats merveilleux. — Ce ne serait plus seulement l’imitation maladroite de costumes en désaccord avec les mœurs et le climat, livrée du progrès qu’on doit respecter temporairement, mais qu’il faudra abandonner ; car la beauté, quoi qu’on en dise, peut très-bien s’allier à l’utilité, et le turban recouvrir une cervelle éclairée aussi bien qu’un chapeau, tout en la préservant mieux du soleil, mais bien l’assimilation et l’appropriation intelligentes