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XVII


L’ÎLE DE LA LIBELLULE


La belle Yodogimi verse des larmes. Elle est debout, appuyée contre un panneau de laque noire, un bras levé dans un mouvement de douleur, les doigts légèrement crispés sur la paroi lisse et brillante, la tête renversée, un peu inclinée vers l’épaule : elle pleure sans oublier d’être belle.

Yodogimi a bientôt quarante ans : qui le croirait à la voir si charmante ? Ses yeux très grands sont pleins d’éclat encore, ses lèvres sont fraîches, son teint est pur et l’unique torsade formée par sa chevelure roule jusque sur le sol, comme un serpent noir. La princesse, selon sa coutume, est magnifiquement parée ; une ceinture de prix serre sa taille svelte et les broderies de sa robe sont d’un merveilleux travail.

À quelques pas d’elle le général Harounaga, son amant, se tient debout en grand costume de guerre, le fouet aux lanières d’or à la main ; il regarde attentivement le plancher et voudrait amener une larme