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IV


LA SŒUR DU SOLEIL


C’est l’heure la plus chaude de la journée. Toutes les salles du palais de Kioto sont plongées dans une fraîche obscurité, grâce aux stores baissés et aux paravents déployés devant les fenêtres.

Kioto, c’est la capitale, la ville sacrée, résidence d’un dieu exilé sur la terre, le descendant direct des célestes fondateurs du Japon, le souverain absolu, le pontife de toutes les religions pratiquées dans le royaume du soleil levant, le mikado enfin. Le siogoun n’est que le premier parmi les sujets du mikado ; mais celui-ci, écrasé par sa propre majesté, aveuglé par sa splendeur surhumaine, laisse le soin des affaires terrestres au siogoun, qui règne à sa place, tandis qu’il s’absorbe solitairement dans le sentiment de sa propre sublimité.

Au milieu des parcs du palais, dans un des pavillons destinés aux seigneurs de la cour, une femme est, étendue sur le plancher recouvert de fines nattes