Page:Gautier - La sœur du soleil.djvu/99

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— En peux-tu douter, maître ? et ne dois-je pas désormais réparer le tort que t’a fait l’un des miens à mon insu ?

— Écoute alors un complot vient de m’arracher brusquement le pouvoir. J’ai pu échapper à la mort qui m’attendait et j’ai fui me dirigeant vers ma principauté de Micava. Tes domaines sont situés entre Osaka et ma province, ta forteresse domine la mer et elle peut barrer le chemin aux soldats venant d’Osaka, c’est pourquoi je me suis arrêté ici pour te dire d’assembler tes troupes le plus promptement possible et de mettre le pays en état de défense. Ferme le château fort. Je resterai ici où je suis à l’abri d’un coup de main, tandis que mon fidèle compagnon Ino-Kamo-No-Kami (Hiéyas désigna un seigneur de sa suite, celui-ci salua profondément le prince d’Ovari qui lui rendit son salut) gagnera le château de Micava, fortifiera toute la province et donnera l’alarme à tous les princes mes alliés.

— Je suis ton esclave, maître dispose de moi.

— Donne donc sur-le-champ des ordres à tes soldats.

Le prince d’Ovari s’éloigna.

Des serviteurs firent entrer les hôtes de leur maître dans des salons frais et aérés ; ils leur servirent du thé, des sucreries et aussi un léger repas.

Bientôt Ino-Kamo-No-Kami prit congé de Hiéyas qui lui donna ses dernières instructions, et emmenant avec lui deux des seigneurs qui les avaient accompagnés, il remonta à cheval et quitta le château.

Hiéyas appela Faxibo.

Celui-ci était occupé à dévorer un gâteau au miel, tout en ne quittant pas des yeux Omiti, assise dans un coin de la salle.