Page:Gautier - Le Collier des jours.djvu/160

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rés. J’éprouvais un sentiment d’étouffement et de désespoir, et j’amassais des rancunes contre ceux qui n’avaient pas su me défendre, le grand-père surtout, lui, si autoritaire, et qui pouvait si bien se faire obéir.

Après m’avoir séparée de ma vraie mère, on me privait maintenant de la nature, qui seule, m’avait consolée, et je ne pouvais rien dire, qu’à moi-même, au milieu de tous ces inconnus. La peine était vraiment lourde pour la force de caractère d’une enfant de sept ans…

Au dortoir des petites, où mon lit était aligné, je fus étonnée par toutes ces couchettes à rideaux blancs, parmi lesquels la religieuse de garde qu’on appelait : sœur Dodo, circulait, se détachant à peine sous son voile d’un blanc plus doux.

Les bruits du dehors, les cris des charretiers s’entendaient distinctement : le dortoir longeait donc la rue !… Au lieu de dormir, lorsque tout fut tranquille, je me soulevai pour regarder les étroites fenêtres, hors de portée et barrées d’une croix de fer.