Page:Gautier - Le Collier des jours.djvu/46

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.





XV




Un autre malheur plus grand, dont je n’avais moi, aucune idée, mais que la chérie, certainement redoutait, était en marche.

Je grandissais. Je pouvais très bien maintenant traîner une chaise et grimper dessus, pour, quand elle se défendait de moi, atteindre les genoux de ma nourrice et aller téter.

C’était, plutôt que par besoin ou gourmandise, pour bien l’accaparer, elle, l’empêcher de s’occuper d’autre chose que de moi, par câlinerie surtout.

Je ne tétais pas longtemps. Je me renversais dans ses bras, et de bas en haut, j’examinais son cher visage en détail. Je lui disais des choses saugrenues qui la faisaient rire.

J’étais plus consciente à présent de mon immense amour pour elle ; de la sécurité délicieuse que me donnait le dévouement infatigable de ce cœur tout à moi ; elle était ma