Page:Gautier - Le Dragon Impérial, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/146

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vient troubler d’un bruit sacrilège le repos glorieux de Koan-In, Mère de la Miséricorde ?

— Ouvrez ! cria le pa-tsong, c’est le Dragon à Cinq Griffes qui heurte.

— Le Dragon est-il blessé ? le Ciel a-t-il besoin du secours du Ciel ? En ce cas, je vais tirer de leur pur sommeil les bonzes pieux, et ils se mettront en prières.

— Le Dragon se porte bien, malgré vos criminelles tentatives, et il vient faire sentir ses griffes aiguës à la chair des coupables.

— Ne cherche pas les coupables parmi les Sages qui servent Koan-In ; tu ne les trouverais pas.

— Ouvre donc, en ce cas. Si les coupables ne sont pas dans la pagode, pourquoi hésites-tu à ouvrir ?

— Parce qu’un prêtre doit du respect à la Mère de la Sagesse.

— Ta-Kiang, le rebelle, est ici ! cria le pa-tsong ; livre-le et je te laisserai la vie, bien que j’aie ordre de vous exterminer tous.

— Tu offenses les Pou-Sahs ; je ne veux pas m’associer à ton crime, dit Ko-Li-Tsin en se retirant.

Les Tigres de guerre poussèrent des cris sauvages et trépignèrent sur les dalles.

— Cernez la pagode, dit le chef, et entrez tous malgré portes et fossés.

— Cerne, cerne, il n’est plus temps, murmura Ko-Li-Tsin.

Il revint sur la première terrasse ; les bonzes se réunirent autour de lui.