Page:Gautier - Le Dragon Impérial, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/193

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CHAPITRE XV


LE DRAGON VOLANT


Quand des hommes voient quelque chose d’extraordinaire, ils ont peur et adorent.

Mais dès qu’ils n’ont plus peur,

Si la chose est inanimée, ils la brisent ; si elle est vivante, ils la tuent.


— Seize.

— Trente-cinq.

— Fils de chien ! nous n’avons que dix doigts, et à nous trois nous ne pouvons pas faire trente-cinq. Tu boiras deux tasses de vin.

— Je les boirai.

Les gardes de nuit pariaient au jeu de la mourre dans le pavillon qui exhausse la Porte Septentrionale de la Ville Tartare. Trois étaient accroupis sur le parquet autour d’une lanterne. Le dos hérissé de flèches aux plumes teintes, la tête ornée d’un casque de cuivre terminé par une pointe d’où pend un gland