Page:Gautier - Le Dragon Impérial, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/195

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— Oh ! oh ! quel est cet oiseau prodigieux qui traverse le ciel ?

Tous se précipitèrent et dressèrent leurs fronts hors du pavillon. En effet, un fantastique animal passait lentement devant la lune. Sa silhouette se détachait en noir sur la profondeur bleuâtre du ciel.

— C’est le Dragon ! c’est le Dragon ! s’écrièrent les soldats en se jetant la face contre terre.

Et ils demeurèrent longtemps prosternés, en proie à la plus vive terreur et se poussant l’un l’autre du coude.

— Que vient-il nous annoncer ?

— Est-ce la pluie ou la sécheresse ?

— Si c’était un Yé-Kiun de l’enfer revêtu d’une fausse apparence ?

— On dirait qu’il s’approche et descend.

— Si nous appelions le pa-tsong ?

— Oui, oui ; appelons-le bien vite.

Un des soldats rampa vers l’escalier et reparut avec un jeune chef.

— Voilà, dit celui-ci en regardant le Dragon Volant, voilà un voyageur qui est entré sans demander la permission au Général des Neuf Portes.

— C’est un génie peut-être qui vient répandre sur nous une dangereuse maladie ?

— Eh bien ! prenez les gongs, les tam-tams, et, en hurlant, faites un grand tapage pour l’effrayer et l’empêcher de se poser. Mais je crois voir le Fan-Koui lui-même ! ajouta le jeune chef. Allons ! lancez des flèches.