Page:Gautier - Le Dragon Impérial, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/278

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— Maintenant, dit le Fils du Ciel, que les guerriers exposent des plans de défense.

Le Chef de l’Armée Chinoise s’avança, et, après avoir accompli les trois prosternements du Ko-Tou, parla :

— Divine intelligence ! c’est avec terreur que mon esprit obtus va te présenter son fils difforme. Cependant le voici. Le combat peut durer un mois. Il faut fatiguer l’ennemi et l’écraser continuellement sous une pluie de flèches et de balles, puis, par ruse ou courage, faire sortir de la ville des messagers qui s’en iront dans les provinces, et réuniront ton armée débandée et découragée ; ils ramèneront des soldats forts et nombreux, et les rebelles seront pulvérisés sous les murs inexpugnables de la Cité Rouge.

— Crois-tu que la ville ne puisse pas être prise ? dit l’empereur. Souviens-toi de Sian-Hoa, naguère la plus puissante des forteresses, maintenant un monceau de cendres.

Le Chef de l’armée Tartare s’avança et se prosterna.

— Bonté inaltérable ! dit-il, j’ai conçu un plan hardi et hasardeux, mais qui pourrait décider promptement la victoire.

— Parle, dit le fils du ciel.

— Quand l’armée rebelle attaquera par quatre points de la ville il faudra ouvrir simultanément les quatre portes, et, sans inquiéter les ennemis, les laisser emplir l’immense place qui s’étend devant chaque entrée de la Ville Rouge. Puis on refermera les portes sur eux. Nos soldats, rangés sur le haut