Page:Gautier - Le Dragon Impérial, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/294

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Mais en ce moment un mandarin parut sur le bastion qui domine la Porte Méridionale de la Ville Rouge, et, par des gestes, révéla qu’il était chargé d’un message. Ko-Li-Tsin arrêta le bras de l’empereur, et dit :

— Maître, la ville veut peut-être se rendre, il faut écouter cet homme.

— Va l’entendre ! dit Ta-Kiang.

Ko-Li-Tsïn s’approcha de la muraille. Le mandarin et le poète se saluèrent selon les rites.

— Qu’as-tu à nous dire ? cria Ko-Li-Tsin en levant la tête.

— Je veux parler à votre chef, dit le mandarin.

Ko-Li-Tsin salua encore, et revint vers Ta-Kiang.

— Cet homme veut parler à toi-même, glorieux empereur, dit-il.

— Qu’est cet homme ? dit Ta-Kiang avec courroux, un serviteur de Kang-Shi ? Je ne parle pas à des serviteurs. Que le chef ennemi vienne lui-même, et je consentirai peut-être à l’entendre ; mais que le messager s’adresse à toi.

Le poète retourna vers la muraille.

— Le Frère Aîné du Ciel, l’illustre empereur Ta-Kiang, dit-il, ne veut converser qu’avec ton maître. Si Kang-Shi ne consent pas à venir en personne, expose à moi-même ta mission.

— Qui es-tu, pour que je daigne te parler ?

— Je suis Premier Mandarin, conseiller intime du souverain, poète de l’Empire, et, en ce moment, Chef d’Armée, dit Ko-Li-Tsin avec modestie.

— Je n’admets pas tes titres.