Page:Gautier - Le Roman de la momie, Fasquelle, 1899.djvu/200

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IX

Poëri, dont la main était armée d’un fort bâton de palmier, se dirigea vers le fleuve en suivant une étroite chaussée élevée à travers un champ de papyrus submergés qui, feuilles à leur base, dressaient de chaque côté leurs hampes rectilignes hautes de six ou huit coudées et terminées par un flocon de fibres, comme les lances d’une armée rangée en bataille.

Retenant son souffle, posant à peine la pointe du pied sur le sol, Tahoser s’engagea après lui dans le petit chemin. Il n’y avait pas de lune cette nuit-là, et l’épaisseur des papyrus eût d’ailleurs suffi pour cacher la jeune fille, qui se tenait un peu en arrière.

Il fallut après franchir un espace découvert. La fausse Hora laissa prendre de l’avance à Poëri, courba sa taille, se fit petite et rampa contre le sol.