Page:Gautier - Le Vieux de la montagne, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/143

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Tout à coup, des trompettes sonneront dans le château, claires, puissantes, et si mélodieuses, qu’à les entendre un sourire naissait sur toutes les lèvres. Les chrétiens déclarèrent même qu’elles devaient être enchantées, car jamais aucune musique n’avait aussi voluptueusement caressé leur oreille.

Silencieusement, le pont-levis s’abaissa, posa son extrémité au sommet de la colline, et, du fond noir de l’ogive géante, des cavaliers, vêtus de blanc, montés sur des chevaux blancs, s’avancèrent. Ils franchirent le pont-levis et descendirent au galop la pente de la colline.

— C’est le Vieux ! c’est le Vieux ! criait-on.

— Il vient, sans doute, au-devant des explications, dit le roi.

Mais un écuyer accourut qui annonça des Frères de la Pureté, envoyés du Prince des Assassins.

— Ah ! ce n’est pas lui-même, dit Amaury, un peu déçu, tant il était curieux de voir enfin ce singulier personnage. Eh bien ! que ces messagers approchent.

La foule s’écartait. Un seul des envoyés parut ; il s’avançait à pied.