Page:Gautier - Le Vieux de la montagne, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/145

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la colère qui lui étranglait la voix, s’ils ont fait cela, je jure qu’ils s’en repentiront !… Lis tout haut, Guillaume ! toi qui détestes si fort les Templiers.

Et il tendit la lettre à l’archidiacre, qui la prit en disant :

— Rien de bon ne peut nous venir d’eux.

— Lis ! lis !…

Guillaume, d’une voix haute, lut ceci :

« Louange à Dieu, maître de l’Univers. Que ses bénédictions reposent sur ses prophètes !

« Tu me demandes pourquoi j’ai livré bataille à tes soldats, qui me croyaient ami, et tu m’accuses de trahison. Lequel de nous est un traître ? Où est mon ambassadeur Abou Abd-Allah ? Quelle réponse as-tu faite à mes paroles de paix ! Triste royaume que le tien si, vraiment, tu ignores toujours ce qui s’y passe ! Abou Abd-Allah gît égorgé, sur le chemin qui sépare tes domaines des miens. Ta réponse, ce sont les Templiers qui l’ont lue, puis jetée au vent. Si tu es encore en vie, c’est que j’ai bien voulu croire que, peut-être, tu ignores aussi ce crime. Hâte-toi de me donner réparation, et sache, qu’avant cela, toi et tes soldats vous ne sortirez pas de mes possessions. Essayez de fuir si vous voulez. »