Page:Gautier - Le Vieux de la montagne, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/173

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point le moins élevé de ces constructions prodigieuses, qui se haussaient, les unes au-dessus des autres, jusqu’au pic suprême.

Ce jour-là, comme d’ordinaire, la jeune princesse vint se promener sur la muraille, accompagnée de son amie Nahâr, qui souriait avec un peu de malice.

— J’étais bien sûre que c’était là que nous venions, disait-elle. Les jardins, les plus magnifiques qui soient au monde, ne sont rien pour toi à côté de cette crête de mur, et je ne serais pas grande magicienne si je devinais pourquoi tu l’aimes tant.

— Vraiment, dit Gazileh, n’est-ce donc pas parce que l’air y est plus vif et que, de là, on découvre toute la vallée ? Voir de l’espace, c’est quelque chose pour une prisonnière.

— Oui ! oui ! reprit Nahâr, l’espace ! Pourtant il y en a plus encore à l’orient du château ; mais nous n’allons jamais par là : il ne te plaît que de ce côté-ci… C’est donc qu’il y a espace et espace, et que tu préfères celui qui enveloppe les tentes des Francs.

— Tu crois ?…

Et Gazileh, en souriant, s’accouda dans un