Page:Gautier - Le Vieux de la montagne, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/177

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Pourtant, gagnée par tes alarmes ; sans cesse j’épie, j’écoute, je tâche de surprendre quelque complot terrible contre notre vie ; mais je n’ai rien vu, rien entendu. Nous n’avons pas plus à craindre ici que les oiseaux de la volière et les fleurs des jardins.

— C’est possible ! Je suis folle peut-être. Eh bien, ne pensons plus à cela. Je veux chasser cette étrange appréhension qui me serre le cœur… Vois donc, Nahâr, dit-elle, après un long moment de rêverie, cette colline qu’une haute bannière surmonte. Les tentes, alentour, sont plus belles qu’ailleurs, et, de temps eh temps, des fanfares résonnent de ce côté. Le roi franc est sans doute établi à cet endroit.

— Cela doit être, dit l’esclave : toute l’armée entoure le mamelon comme pour le protéger ; et ces taches brillantes qui enveloppent la colline comme une guirlande de fleurs, ce sont, je crois, les riches étendards des princes, plantés en terre devant l’entrée de leur tente.

— C’est donc de ce côté que doit être le seigneur Hugues de Césarée,… mon chevalier !

— Prends garde, dit tout a coup Nahâr, quelqu’un vient.