Page:Gautier - Le Vieux de la montagne, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/178

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


De beaux noirs d’Abyssinie, vêtus d’amples tuniques de damas pourpre et or, des sabres à riches poignées passés dans les plis de leurs ceintures, s’avançaient d’un pas cadencé et majestueux.

Gazileh se retourna vivement.

— Ce sont des esclaves du palais, dit-elle.

— C’est toi qu’ils cherchent.

Les esclaves, en effet, s’arrêtèrent devant la princesse, et l’un d’eux lui dit, en s’inclinant devant elle :

— Notre Seigneur désire ta présence.

Gazileh avait pâli et porté la main à son cœur ; mais elle eut honte de sa faiblesse et répondit, d’une voix tranquille :

— Je suis prête à obéir.

Pour lui éviter toute fatigue, on posa près d’elle une litière légère, et, quand elle s’y fut assise, deux porteurs la soulevèrent et l’emportèrent. Ils marchèrent longtemps, à travers les vastes galeries du château, par les merveilleux jardins, et s’arrêtèrent enfin devant un kiosque d’or ajouré, cerné d’un fossé plein d’eau de rose que traversait un pont de marbre roux, figurant une gazelle bondissante.