Page:Gautier - Le Vieux de la montagne, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/188

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formidables parfois que les oiseaux, volant au-dessus de ces orages d’harmonie, tombaient comme foudroyés.

Les croisés fraternisaient avec les Arabes ; ils organisaient ensemble, selon leurs différents modes, des joutes et des tournois.

Tout le long de la journée, la jolie ville de Maçiâf, couchée entre le pic géant et la formidable forteresse, était envahie par les soldats du Christ, qui aimaient, par-dessus tout, la gaieté de ses bazars et l’animation de ses rues étroites et fraîches ; mais, le soir on fermait les portes et on relevait les ponts, après avoir laissé sortir les chrétiens.

Urbain, l’écuyer d’Hugues de Césarée, avait choisi, pour battre sa coulpe et subir la pénitence qu’on lui avait imposée en expiation de ses péchés, une délicieuse place située au cœur de cette cité. Là, sous la transparence verte de larges platanes, une fontaine carrée, en albâtre, ornée d’arabesques et d’inscriptions d’or, protégée par une élégante toiture, laissait couler dans ses quatre vasques un filet d’eau claire et froide.

Le pécheur était condamné à s’appliquer cinquante coups de lanière sur la peau nue, et, ce