Page:Gautier - Le Vieux de la montagne, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/192

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


cher que votre dieu né d’une vierge, et il a le pouvoir de vous y faire goûter en ce monde.

Il y eut un moment de silence pendant lequel on regarda l’inconnu en dessous. Mais le sergent se rapprocha de son camarade, le poussant du coude.

— Dis donc, Urbain, c’était fameux, hein ?…

— Ah ! j’y songe le jour, j’en rêve la nuit et je maigris, je dépéris de regret.

— Il y avait donc de bien belles femmes ?

Urbain ne répondit que par un soupir long et profond.

— Ah ! tant pis ! j’en suis ! s’écria le sergent. Que faut-il faire ?… Signer un pacte ? vendre son âme ?

— Nullement, dit l’Arabe qui avait déjà parlé, il suffit de jurer au Prophète dévouement et obéissance.

— Le difficile est d’arriver jusqu’à lui.

— Puisqu’il sait tout, il saura votre désir.

— S’il vient, faites-moi signe, dit un écuyer. Tous se rapprochèrent.

— Et à moi…, à moi aussi.

L’Arabe les enveloppa d’un rapide regard.

— Écoutez, dit-il en baissant la voix, que tous