Page:Gautier - Le Vieux de la montagne, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/201

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auraient pas pu tisser les plus habiles artistes de Bagdad ou de Perse, qui prenaient cependant pour modèle ces merveilleuses prairies.

On atteignit la forêt ; on entra sous le couvert des arbres. Là, des cris retentissaient de toutes parts, de longs aboiements, des appels de trompes. Le gibier, débusqué, fuyait, suivi de près par les grands lévriers couleur de lait, aux beaux colliers de pierreries !

Alors le vieil émir donna le signal et mit son cheval au galop.

La journée fut rude et brillante, le carnage immense, de victimes de toutes les espèces. Pendant les haltes, on fit rôtir des chevreuils entiers, des paons et des outardes ; abondamment le vin coula des outres, pour les chevaliers, et l’on servit aux dames des fruits délicieux : pastèques, figues, grenades, oranges, et aussi des sorbets et de l’eau de neige.

Vers le soir, la princesse Sybille, qui n’avait pas cessé de chercher Hugues de Césarée dans l’éparpillement de cette foule, sans être parvenue à le joindre, l’aperçut enfin, arrêté près d’un ruisseau. Le chevalier rendait les rênes à son cheval, qui baissait le cou pour boire.