Page:Gautier - Le Vieux de la montagne, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/218

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XII


— Hugues, mon frère, vous êtes tout songeur et triste, dit Homphroy du Toron à son ami, étendu à quelques pas de lui, sur l’herbe, au bord de la petite rivière qui fuyait si vite…

— Hélas ! je ne sais quelle angoisse me tourmente, répondit Hugues. Il me semble que ce château, vers lequel tendent toutes mes pensées, a l’air diabolique plus que de coutume. J’ai peur à l’idée qu’elle est là, sans défense, si belle, à la merci d’un homme… Mais, cher Homphroy, vous vous inquiétez de mes peines, en taisant les vôtres. Autant que moi vous êtes soucieux.

— Je souffre d’étrange façon, c’est vrai, dit Homphroy : c’est en moi comme un silence subit,