Page:Gautier - Le Vieux de la montagne, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/236

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Attirés par cette scène, des chevaliers et des soldats s’étaient approchés ; de plus en plus nombreux, ils s’attroupaient, discutaient, tout émerveillés.

— Qu’il n’aille pas faire un pareil saut, pour se rompre le cou, disait-on ; le château est enchanté ; pour y entrer, il faut être comme mort, et emporté par le magicien.

Homphroy se jeta à genoux.

— Je vous en supplie, renoncez à cette folie !

Mais Hugues le releva, l’embrassa tendrement, puis se mit en selle. Alors Raymond saisit la bride et cria :

— Par la force il faut s’opposer à un accès de délire. Barrez-lui la route !

—Ne m’arrêtez pas, comte de Tripoli, dit Hugues, dont le visage s’empourpra ; restons amis, je vous en conjure.

Puis, dardant son regard clair sur tous, il toucha la poignée de son épée :

— Le premier qui bouge a vécu !

Un sergent s’avança cependant.

— Non pas celui, j’imagine, qui, plein d’enthousiasme, réclame l’honneur de verser à un héros