Page:Gautier - Le Vieux de la montagne, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/250

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


rouges sur leurs cheveux bouclés ; ils couraient çà et là, bondissaient, grimpaient dans la mâture, larguaient les voiles, tandis que, sous un tendelet, l’Émir Al Bâhrr, Seigneur de la Mer, drapé dans la blancheur de son burnous, surveillait l’appareillage.

Hugues était déjà sur le pont, et aussitôt l’ancre fut levée, car c’était lui qu’on semblait attendre. Les voiles se bombèrent, le gouvernail doré cria, et, saluant la route, le navire bondit sur les lames.

La terre disparut bientôt. Il vola sur la mer, prit une course de vertige. Et pourtant le voyageur trouvait celle allure trop lente, tant il avait hâte d’aborder aux lointains rivages ; car, il le savait maintenant, il partait, à la conquête d’un mystérieux trésor, à la recherche de ce bonheur inconnu, dont le désir le dévorait, mais qu’il ne pouvait préciser.

Il visita d’innombrables royaumes, et, partout, on l’accueillait comme le suzerain du monde.

Les princes venaient lui rendre hommage, et tous, s’efforçant de le retenir, lui offraient en mariage la plus belle de leurs filles.