Page:Gautier - Le Vieux de la montagne, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/251

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


On lui amenait les princesses, tantôt en palanquins ornés de plumes, tantôt dans des chars traînés par des bœufs blancs, tantôt sur des dromadaires ou sur des éléphants caparaçonnés de brocart. Éperdu d’espoir, il regardait ardemment chaque fiancée nouvelle, mais, déçu, toujours, il la repoussait et reprenait la mer.

À bout d’espérance, il médita. Il comprit enfin que son cœur était, captif dans une prison de rubis dont la clef était perdue, que cette clef était un nom.

Alors, la brise lui révéla qu’elle seule pouvait le conduire au port inconnu qu’il cherchait. Et le navire livra toutes ses voiles au caprice du vent, qui le poussa vers une île merveilleusement touffue et fleurie ; de laquelle un oiseau était roi.

Tous les arbres de cette île charmante avaient leurs branches en argent et leurs feuillages en or de différentes nuances, si légers que le moindre souffle les agitait ; les oiseaux qui voletaient étaient des pierreries vivantes.

L’énamouré courut d’un arbre à l’autre, cherchant le roi ailé qui avait trouvé le nom perdu. Les yeux suppliants, l’oreille attentive, il atten-