Page:Gautier - Le Vieux de la montagne, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/289

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bien que le soleil sèche la pluie, répondit Amaury courtoisement.

Elle le remercia d’un beau sourire et reprit :

— Dites toutes, mesdames, ce que vous voulez qu’ils prennent sur leurs ailes.

— Pour moi, s’écria Tiennette, qu’ils emportent l’ennui de mon cher fils Homphroy, et aussi la peine du seigneur de Césarée, qu’il a faite sienne, qu’ils emportent le courroux du roi contre le sire de Plancy, mon époux, et, par-dessus le marché, les années que j’ai en trop.

— Et vous, princesse ?

— Je suis moi-même une cage vide, dit Sybille ; tout ce qui avait des ailes est parti.

La comtesse de Tripoli ouvrit la petite porte, et, avec des cris aigus, les oiseaux s’échappèrent.

— Frou !… Comme ils se sauvent ! Ils ne seront jamais assez loin de leur prison.

Elle rendit la cage et donna une pièce d’or à l’oiselier, qui s’éloigna en la bénissant.

À ce moment, Milon de Plancy s’élança, tout chancelant, et vint tomber, sur un genou, devant le roi en criant :

— À moi ! cousin !

Tout de suite, une mare, de sang se forma