Page:Gautier - Le Vieux de la montagne, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/296

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Et le noir chambellan, prônant par la main la princesse de Hama, dissimulée parmi les gens de l’escorte, lui enleva son voile…

Un long murmure d’admiration s’éleva à la vue de cette beauté si parfaite ; mais elle, avec un cri de joie s’était jetée dans les bras de son vieil oncle, qui sanglotait.

Nahâr, dans un délire de bonheur, arrachait ses habits de deuil et couvrait de baisers les mains de son amie. La stupeur heureuse, qui étourdissait tous les assistants, donna à Raschid le temps de se remettre un peu.

— Merci, prophète, dit enfin le prince de Hama, riant et pleurant ; pardonne-moi de t’avoir accusé.

— Gazileh ! dit Raschid d’une voix mal affermie encore, voici le roi Amaury, votre père.

Et, comme la jeune fille, stupéfaite, interrogeait des yeux son oncle :

— C’est vrai, dit-il.

Alors, surprise et souriante, elle s’avança vers le roi :

— Je vous la rends à tous deux, dit Raschid, à une condition…

— Parle, dit Amaury : que pourrions-nous te refuser ?