Page:Gautier - Le Vieux de la montagne, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/31

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— Que Veux-tu, Guillaume ? les pensées vous viennent on ne sait comment et sans demander permission.

Une fanfare joyeuse qui éclata au sommet de la tour de David arrêta la réponse sur les lèvres du chancelier.

Le roi se leva vivement, marcha jusqu’au rebord de la terrasse, les regards tournés vers le sommet de la forteresse qui dominait toute la ville. Une seconde fanfare retentit et, à un angle du donjon, un étendard se déploya.

— Mon ambassadeur est signalé, s’écria Amaury avec une expression de contentement. Il vient, c’est certain maintenant, et, vraiment, j’en suis aise.

— Réjouissons-nous donc avec le roi, dit Sybille d’un air boudeur, tout en ignorant la cause de sa joie.

— La curiosité est un péché, ma fille, dit Amaury en riant ; mais je te pardonne à cause de ta grande jeunesse.

— Le vrai pardon, ce serait de satisfaire la curiosité, ce qui, du même coup, supprimerait le péché.

— Vraiment ?… Eh bien, j’y consens. Je peux