Page:Gautier - Le Vieux de la montagne, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/32

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parlera présent ; tout à l’heure je n’étais sûr de rien… Ah ! voici le connétable Homphroy du Toron qui, selon mon ordre, va recevoir le nouveau venu, hors des murs, ajouta-t-il, en voyant un petit groupe de cavaliers courir vers les remparts et franchir la poterne des Tanneurs.

— Oh ! mon fils ! combien gracieusement vous chevauchez ! s’écria Tiennette de Naplouse, en envoyant dos baisers au jeune Homphroy, que l’on distinguait mal, cependant, au milieu de la poussière soulevée par les chevaux.

— Père ! père ! tu as promis, dit Sybille, qui saisit la main du roi pour le tirer vers le lit de repos.

— Encore ! gémit Tiennette. La princesse est bien fille de son père !

— L’histoire est neuve au moins, cette fois, dit Raymond.

Amaury alla se rasseoir, et les trois femmes, auprès de lui, reprirent leurs places.

— Il me faut vous prévenir, mes belles écouteuses, que mon histoire ressemble beaucoup à un conte d’enchanteur. Si je la dis mal, pardonnez-le-moi.

— Un conte d’enchanteur ! s’écria Eschive, qui,