Page:Gautier - Le Vieux de la montagne, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/50

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moi et pardonne à la folie de ma requête, qui ne mériterait pas même d’être écoutée. »

Il récita encore plusieurs Ave, planta le cierge qu’il tenait tout allumé dans un chandelier. Puis il sortit de l’église par une porte latérale.

Il suivit la rue de Sainte-Anne jusqu’à la rue de Josaphat et arriva devant le massif, taillé dans le roc, de la forteresse Antonia, où des vestiges d’antiques murailles étaient visibles encore parmi l’échelonnement des constructions de différents âges.

Plus bas se groupaient des bains arabes, des écoles et plusieurs luxueux hôtels appartenant aux barons et aux chevaliers. Un long passage, voûté en ogive, s’enfonçait sous la forteresse, Hugues s’y engagea et déboucha bientôt sur le parvis du Temple.

La cour du Temple s’étendait, belle et vaste, longue de deux portées d’arc et large d’une, toute pavée de dalles, soigneusement lavées, qui étaient pour la plupart le roc même du mont Moriah ; des arcades, formant cloître, s’appuyaient à la puissante muraille de l’enceinte sacrée, faisant le tour de la place, et vers le milieu du parvis, sur un terre-plein, soutenu par des murs très forts,