Page:Gautier - Le Vieux de la montagne, Armand Colin et Cie, 1893.djvu/58

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dans la ville, Hugues, impatienté, renonça à l’itinéraire qu’il s’était tracé et, brusquement, tourna à gauche.

C’était un long détour, pour gagner le Saint-Sépulcre, dernière station de son pèlerinage ; mais on pouvait avancer plus vite dans la rue, relativement tranquille. Il traversa le change des Syriens, la où s’ouvrent aussi les échoppes des orfèvres, qui travaillent et battent le métal, accroupis au milieu des chaudes rutilences de leur étalage. Quelques pas plus loin, il jeta un regard aux alcôves de pierres, creusées au flanc des maisons, où l’on vendait les Palmes Idumées, ces preuves du saint pèlerinage si chères à tous ceux qui retournaient en Occident. Ces palmes étaient frettées, c’est-à-dire soigneusement entourées, pour se mieux conserver, de fils d’argent et de fils de soie.

Hugues passa, sans y entrer, devant l’abbaye des moines noirs de Sainte-Marie-Latine, puis devant celle des nonnes de Sainte-Marie-la-Grande ; ensuite il longea les murailles de l’Hôpital et, bientôt, s’engagea sous les voûtes ogivales de la rue Malcuisinat, qui, d’un côté, s’appuyait au domaine des Hospitaliers. Sous ce