Page:Gautier - Portraits et Souvenirs littéraires, 1875.djvu/111

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taille, et, quand elle écrivait, elle ne pouvait souffrir ni peigne ni lien dans ses cheveux, qu’elle laissait flotter en larges nappes sur ses épaules. Jamais ouvrier littéraire n’eut moins d’outils ; un pupitre en marqueterie posé sur une petite table lui servait de bureau, et la plume de fer dont elle écrivait ses billets du matin courait vive et nerveuse sur un papier transversal ; de même que Balzac, elle se vantait d’être très propre dans son ouvrage, et, comme elle justifiait le vers du Dante


La bella creatura di bianco vestita,


on pouvait voir aisément que jamais goutte d’encre n’avait taché sa blancheur d’hermine.

En dépit de son esprit viril, madame de Girardin était femme et très-femme ; elle eût monté à l’échafaud sans pâlir, comme madame Roland ;