Page:Gautier - Théâtre, Charpentier, 1882.djvu/257

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Puis elle tourne brusquement le dos à Hilarion, en lui riant au nez, tandis que Loys le repousse et le menace de sa colère, s’il ne cesse pas ses poursuites amoureuses près de Giselle. « C’est bon, dit Hilarion, avec un geste de menace, plus tard on verra. »

SCÈNE V

Une troupe de jeunes vigneronnes viennent chercher Giselle pour les vendanges. Le jour paraît, c’est le moment de s’y rendre ; mais Giselle, folle de danse et de plaisir, retient ses compagnes. La danse est après Loys ce qu’elle aime le mieux au monde. Elle propose aux jeunes filles de se divertir au lieu d’aller au travail. Elle danse seule d’abord pour les décider. Sa gaieté, sa joyeuse ardeur, ses pas pleins de verve et d’entraînement, qu’elle entremêle de témoignages d’amour pour Loys, sont bientôt imités par les vendangeuses. On jette au loin les paniers, les hottes, les instruments de travail, et grâce à Giselle, la danse devient bientôt un délire bruyant et général. Berthe, la mère de Giselle, sort alors de sa chaumière.

SCÈNE VI

« — Tu danseras donc toujours ? dit-elle à Giselle, le soir… le matin… c’est une véritable passion… et cela, au lieu de travailler, de soigner le ménage.

« — Elle danse si bien, dit Loys à Berthe.

« — C’est mon seul plaisir, répond Giselle, comme lui, ajoute-t-elle en montrant Loys, c’est mon seul bonheur !!!