Page:Gautier - Théâtre, Charpentier, 1882.djvu/374

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SCÈNE IX

Douchmanta a perdu la raison et la mémoire. Il ne reconnaît plus celle à qui tout à l’heure il offrait la couronne. C’est ainsi que Durwasas se venge de ceux qui le dédaignent ou qui le bravent.

Les courtisans à la recherche du roi entrent et le trouvent en proie au délire. Il se débat entre leurs mains, et ils l’emmènent en donnant des signes de respect et de douleur. Sacountalâ est tombée évanouie au pied d’un arbre.

SCÈNE X

Durwasas, satisfait de son commencement de vengeance, s’approche de Sacountalâ ; profitant de son évanouissement, il retire du doigt de la jeune fille l’anneau que le roi lui a remis et va le jeter au loin dans l’étang sacré ; les jeunes filles, les brahmatcharis, les gourous entrent ayant en tête le sage Canoua. Ils aperçoivent Sacountalâ évanouie, la relèvent et la font revenir à elle. Du doigt elle désigne l’ermite, dont la physionomie exprime toujours le courroux, et raconte à Canoua, son père adoptif, qu’elle est aimée du roi, qu’elle l’aime et qu’il lui a juré de l’épouser ; mais Durwasas, offensé involontairement, a, par ses maléfices, fait perdre la raison et le souvenir au roi Douchmanta. — Durwasas, qui a écouté ce récit, se rapproche du groupe et dit : — Jamais ta fille ne sera la femme du roi. — Et qui l’empêcherait ? répond Canoua. — Moi, réplique Durwasas, les yeux brillants