Page:Gautier - Voyage en Espagne.djvu/154

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lui permirent ses moyens, sous le titre de Notre-Dame de l’Assomption, qu’elle conserve encore aujourd’hui ; mais en l’an 302, époque de la cruelle persécution que firent souffrir aux chrétiens les empereurs Dioclétien et Maximin, le préfet Dacien ordonna de démolir et de raser le temple, de sorte que les fidèles ne surent plus où demander et obtenir le pain de grâce. À trois ans de là, Constance, père du grand Constantin, étant monté sur le trône, la persécution cessa, les prélats revinrent à leur siège, et l’archevêque Mélancius commença à relever l’église, toujours à la même place. Peu de temps après, environ vers l’an 312, l’empereur Constantin, s’étant converti à la foi, ordonna, entre autres œuvres héroïques où le poussa son zèle chrétien, de réparer et de bâtir à ses frais, le plus somptueusement possible, l’église basilique de Notre-Dame de l’Assomption de Tolède que Dacien avait fait détruire.

Tolède avait alors pour archevêque Marinus, homme docte, lettré, jouissant de la familiarité de l’empereur ; cette circonstance lui laissa toute liberté d’agir, et il n’épargna rien pour bâtir un temple remarquable, de grande et somptueuse architecture : ce fut celui qui dura tout le temps des Goths, celui que visita la Vierge, celui qui fut mosquée pendant la conquête d’Espagne, celui qui, lorsque Tolède fut reprise par le roi don Alonzo VI, redevint église, et dont le plan fut emporté à Oviedo par l’ordre du roi don Alonzo le Chaste, afin de bâtir, conformément à ce tracé, l’église de San-Salvador de cette ville, en l’an 803. Ceux qui seraient curieux de savoir la forme, la grandeur et la majesté qu’avait la cathédrale de Tolède en ce temps-là, lorsque la reine des anges descendit la visiter, n’auront qu’à aller voir celle d’Oviedo, et ils seront satisfaits, ajoute notre auteur. Pour notre part, nous regrettons beaucoup de n’avoir pu nous donner ce plaisir.

Enfin, sous le règne heureux de saint Ferdinand, don Rodrigue étant archevêque de Tolède, l’église prit cette forme