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histoire du mouvement janséniste

glais, Jemkins ; des médecins enfin comme Pallu, Hamon et Dodart.

Les religieuses n’étaient pas vouées à la vie contemplative, mais leur principale occupation était l’adoration diurne et nocturne du Saint Sacrement, suspendu au-dessus de l’autel, et l’assistance aux offices. Voici comment elles s’acquittaient de ce devoir. Couchées le soir à huit heures, elles se relevaient à deux heures après minuit pour chanter matines au chœur, puis elles se recouchaient jusqu’à cinq ou cinq heures et demie. À six heures, office de prime ; tierce à huit heures et demie, et aussitôt après la messe conventuelle, où devaient toujours communier quelques religieuses marquées par l’abbesse. L’office de sexte, chanté vers onze heures moins le quart, était suivi du dîner, vers onze heures et demie les jours ordinaires, à midi sonné les jours de jeûne. Venait ensuite, de midi trois quarts à une heure trois quarts, la conférence, sorte de récréation pieuse après laquelle chaque religieuse se retirait dans sa cellule pour reposer, pour lire, pour écrire ou pour travailler des mains. On chantait nones à deux heures et demie et vêpres à quatre heures. Le souper était servi au réfectoire à cinq heures et demie, et les complies étaient chantées à six heures et demie. Ainsi les professes de chœur passaient à l’église la plus grande partie de la journée, tandis que les converses et les maîtresses des enfants s’adonnaient à leurs travaux respectifs. Le peu de temps qui restait pouvait être employé à la lecture, à la méditation, et au travail des mains, que les constitutions recommandaient en ces termes : « Les religieuses affectionneront le travail par esprit de pénitence, se souvenant que c’est la première peine du péché, et par esprit de pauvreté pour imiter Notre-Seigneur qui s’est abaisse jusqu’à exercer