Page:Genoude - Les Pères de l'Eglise, vol. 2.djvu/284

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nomades pour se fixer dans les villes. Si donc Moïse est contemporain d’Inachus, il est antérieur de quatre cents ans à la guerre de Troie. On peut encore prouver la même chose par la succession des rois de l’Attique, de Macédoine, d’Égypte et d’Assyrie. Si donc les hauts faits des Grecs ne furent écrits qu’après Inachus, il est bien clair qu’ils ne le furent aussi qu’après Moïse. Car Ogygès, roi des Athéniens, sous le règne duquel arriva le premier déluge, fut le contemporain de Phoronée, successeur d’Inachus ; Actée, qui donna son nom au pays appelé Attique, fut celui de Phorbas ; Prométhée, Épimète, Atlas, Cécrops et Io furent les contemporains de Triopas. C’est sous le règne de Cécrops qu’arriva l’incendie de Phaéton et le déluge de Deucalion. On place sous le règne de Sténélas celui d’Amphixion, l’arrivée de Danaüs dans le Péloponnèse, la fondation du royaume de Dardanie par Dardanus, et le retour d’Europe de Phénicie en Crète. C’est sous le roi Lyncée qu’eut lieu l’enlèvement de Proserpine, la construction du temple d’Éleusis, l’agriculture enseignée par Triptolème, l’arrivée de Cadmus à Thèbes et le règne de Minos. C’est sous le règne de Prète que Molpus fit la guerre contre les Athéniens. Pendant le règne d’Acrisius eut lieu la descente de Pélops venant de Phrygie, l’arrivée de Yon à Athènes ; le règne du second Cécrops, les exploits de Persée et de Bacchus ; et l’on vit paraître Musée, disciple d’Orphée. Enfin, c’est sous le règne d’Agamemnon qu’eut lieu la prise de Troie.

XL. Il est évident, d’après tout ce que nous avons dit, que Moïse est antérieur aux anciens héros, aux guerres et aux dieux des gentils ; et puisqu’il est plus ancien, il faut croire à ses paroles plutôt qu’à celles des Grecs, qui ont été puiser leur doctrine dans ses écrits, sans lui conserver aucune reconnaissance. Car plusieurs de leurs sages ayant connu les écrits de Moïse, les ont entièrement dénaturés, soit en voulant se les approprier comme leur ouvrage, soit en enveloppant de commentaires les choses qui leur paraissaient obscures, et donnant à la vérité l’apparence de la fable. Au reste, je rapporterai, dans un livre contre ceux qui ont traité des choses divines, tout ce que les philosophes de la Grèce ont dit de nos institutions et de l’histoire de nos lois ; je dirai quels ils sont et combien ils sont nombreux.

XLI. Mais il est essentiel maintenant de démontrer avec le plus grand soin que Moïse est non-seulement antérieur à Homère, mais encore à tous les écrivains qui ont précédé ce poëte : tels que Linus, Philammon, Thamiris, Amphion, Musée, Orphée, Démodocus, Phémius, la Sibylle, le Crétois Épiméride,