Page:Gentillet - Discours sur les moyens de bien gouverner (Anti-Machiavel).djvu/13

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


qui est en peril evident de mort, au prudent medecin qui le guerit. Et d'abondant, la posterité n'oubliera jamais un si grand bienfait, mais celebrera vos heroiques & magnanimes vertus par histoires & louanges immortelles. Et semble bien que Dieu voulant avoir pitié de la pauvre France, & la voulant delivrer de la sanglante & barbare tyrannie des estrangers, vous a suscité comme le fatal liberateur d'icelle, vous (di-je) Monseigneur, qui estes Prince François, de la maison de France, François de nation, François de nom, & François de cœur & d'effect. Car, à qui pourrait mieux appartenir l'entreprise de delivrer la France de tyrannie, & le los & honneur d'un si haut & heroique exploit, qu'à vostre Excellence, qui n'a rien qui ne soit François ? A qui peut la pauvre France mieux avoir son recours en son extreme peril & necessité, qu'à celuy qui est un vray tige issu du bon Roy Louys XII, pere du peuple, & du grand Roy François, Prince fort amateur de ses sujets, & du debonnaire Roy Henry second ? Nous avons donc grandement à louër la bonté de Dieu, qui vous a suscité & touché le cœur, pour une si excellente & necessaire entreprise. De laquelle tout le monde doit bien esperer, parce qu'elle est fondee sur causes si justes & raisonnables qu'il n'est possible de plus : de sorte que Dieu (qui maintient toujours le party de la raison & du droit) la favorisera par sa grace. D'ailleurs, vostre Excellence estant acompagnee de grands & illustres Princes, & de tant vaillans Chevaliers