Page:George Péries- La Faculté de droit dans l'ancienne Université de Paris, (1160-1793), 1890.djvu/287

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n’a fait serment d’avocat dont il sera tenu rapporter la matricule. Voulons pareillement qu’aucun ecclésiastique ne puisse à l’avenir estre admis à faire la fonction d’official, qu’il ne soit licentié en droit canon, le tout à peine de nullité des sentences et jugemens qui seront rendus par lesdits juges et officiaux...» Le roi ordonna encore, quand il s’occupa de la reconstitution de la communauté des avocats au Conseil d’État et au Conseil privé, qu’aucun ne sera reçeu advoçat ausdits conseils qu’il ne soit licentié en droit et reçeu en Cour souveraine, conformément aux éditz de création des offices desditz advocatz, à peine de nullité[1].» Ainsi, grâce au renouvellement des grades et à la sanction publique consacrée par leur valeur, le barreau et la magistrature se trouvèrent à la fois protégés, ennoblis et défendus de la façon la plus conforme à la raison et la prudence.

CHAPITRE IV

Mœurs et Discipline.

Désordres dans la ville ; interdiction du port d'armes ; costume universitaire.

Oisiveté et inconduite. — Étudiants étrangers.

Frais scolaires ; bougies des thèses. — Dispenses royales.

En 1684, Michel de Loy était doyen de la Faculté, et ce n’était pas sans peine que le digne régent gouvernait la jeunesse indomptée de son école. Des désordres nombreux avaient eu lieu, et leur fréquence, jointe à leur gravité, avait été telle que la police royale s'en était émue. Le doyen reçut donc comminication d’un édit sévère qu’il était chargé de faire observer et l'épître suivante, qui mérite une place dans l’histoire de la Faculté :

Monsieur,

Le roi aiant voulu prévenir par l’une des dispositions de l'édit que je vous addresse, les désordres que pourroit causer la licence que plusieurs escholiers en droit se donnoient de porter des épées, et leur inspirer par toute sorte de moiens un esprit et des mœurs convenables à la profession à laquelle ils semblent destinés par cette estude, Je vous prie de faire lire cet édit dans l’eschole aussy tôt que vous l'aures reçeu et d’en faire

  1. Bibl. nat., ms. 17182, p. 230.