Page:George Péries- La Faculté de droit dans l'ancienne Université de Paris, (1160-1793), 1890.djvu/290

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revêtue des signatures du doyen et du syndic, et scellée du petit sceau. — 3° Enfin, le bourgeois qui les recevait chez lui en pension leur remettait un certificat portant qu*ils n’avaient pas découché «non abnoctasse» et, avec quelques voisins pour témoins, il signait cette pièce que légalisait le magistrat du quartier.

Les frais d'examen pesaient lourdement sur les écoliers qui n'étaient pas favorisés de la fortune, l'édit royal du mois d’août 1679[1], tout en prétendant interdire les exactions imposait encore aux candidats de dures conditions pécuniaires ; il fallait, en effet, rien que pour les examens, dépenser trois cents livres, pendant le temps des études[2]. Les étudiants avaient nécessairement d'autres frais secondaires, indépendamment de leur entretien personnel. Nous citerons en particulier l'obligation où ils étaient de fournir le luminaire de la salle dans laquelle se passaient leurs actes. Les mœurs étaient, paraît-il, assez simples, car les assistants profitaient de l'occasion pour s’éclairer économiquement aux dépens du candidat et du président auquel la cire revenait d’office, et la Faculté dut faire, à maintes reprises, des règlements pour interdire d’éteindre les bougies dans le but de se les approprier.

«Denique, multis jam decretis sancitam prohibitionem volait renovatam Ordo consul tissimus, ne videlicet quod hactenus summo Facultatis de- decori factum semper optimo cuique stomachum moYitdoloremque creavit non modicum , ne inquam audeat in posterum quisquam , sive dum celebratur acius, sive eo jam celebiato, luminum reUquias aut rapere aut surripere quœ servandœ sont ei qui actum propugnavit, ad quem perti- nent, neve uUa prœdictorum luminum extinguantur priusquam omnes qui actui, sive offlcii sive honoris causa intererunt, e scûolis fuerint egressi[3]»

On le voit, les farces des écoliers portaient quelquefois atteinte à la dignité de la Faculté et pouvaient être à bon droit taxées de polissonneries.

Malgré certains défauts que nous relevons à l’occasion, l'Édit royal de 1680 avait incontestablement remis de l’ordre dans le bruyant personnel de la rue Saint-Jean de Beauvais. Malheureusement les dispenses, accordées au nom ou à la faveur, ne tardèrent pas à diminuer les bons résultats qu’on aurait pu attendre et à causer les justes plaintes qui retentirent en 1764 et que nous

  1. Cf. Êdit du roy portant règlement pour l'estude du droit canonique et civil dans tout le royaume, et le rétablissement du droit civil en la Faculté de droit canon de l’Université de Paris ; ensemble les règlemens, statuts, résultats d’assemblées et autres actes en exécution de l’édit de sa Majesté, etc. — Paris, 16S0 (p. 39)
  2. A Bourges, les lettres de bachelier ne coûtaient que 48 livres ; à Paris, 58 ; le diplôme de docteur ne coûtait que 100 livres à Orléans, 130 à Bourges et à Paris 150.
  3. Reg. 7 et 8. Commentaires (ad ann. 1725). Décanat de Ferrière.