Page:Georges Eekhoud - Escal-Vigor.djvu/116

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VIII

Avec Blandine, le comte de Kehlmark avait emmené à l’Escal-Vigor, son seul domestique, le même qui l’accompagnait lors de l’accident de voiture.

Thibaut Landrillon, fils d’un garde forestier ardennais, était un courtaud trapu et solide, assez bien tourné. Ayant passé longtemps par la caserne, il en gardait le type et les façons du « fricoteur », du « casseur d’assiettes et de cœurs », comme il disait en son jargon de corps de garde. Rond de visage, il avait l’œil brun, émerillonné aux moiteurs lubriques, un petit nez carlin et frétillant de grosses lèvres de ce rouge de minium, signe, à la fois, de cruauté et de sensibilité ; un pinceau de moustache, la virgule ; les joues allumées par une