Page:Georges Eekhoud - Escal-Vigor.djvu/135

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
127
ESCAL-VIGOR

qué, il parvenait à se débonder :

— Oh, monsieur le comte, pardon, je suis fou, je ne sais ce qui m’arrive, ce qui se passe en moi ; j’ai l’air d’être triste, mais je suis trop heureux ; je me sentais mourir de joie en vous écoutant ! Si je pleure, c’est que vous êtes trop bon… Et d’abord je n’ai pas voulu croire… Vous ne vous moquez point, n’est-ce pas ? C’est bien vrai que vous me prenez chez vous ?

Le Dykgrave, aussi attiré qu’il fût par cet impressionnable petit paysan, n’avait pas cru rencontrer pareille nature amative. Il l’habitua doucement à l’idée du bonheur qui allait être le sien, et finit par le laisser ravi, la face illuminée de joie, après lui avoir donné rendez-vous le lendemain même à l’Escal-Vigor.