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ESCAL-VIGOR

Au village, il prétendit avoir quitté l’Escal-Vigor de son propre gré afin de s’établir, et comme, du château, on ne démentit point cette version, cet événement inopiné ne donna point lieu à trop de commérages.

N’osant encore rompre ouvertement en visière à son ancien maître, il entreprit d’entamer sa popularité.

Ainsi il fit une cour assidue à Claudie, que sa luronnerie égrillarde avait toujours amusée, et il flatta l’amour-propre du fermier des Pèlerins. Rebuté par Blandine, il jetait son dévolu sur la riche héritière de la ferme, mais ce caprice nouveau il le mettrait au service de la haine inextinguible qu’il portait désormais à la maîtresse du Dykgrave, une de ces haines qui représentent l’aberration de l’amour. Car il s’était repris à désirer follement la femme qui lui échappait et qui l’avait joué. Elle le frustrait, elle le volait, elle le spoliait.

Landrillon parut aussi aux offices, aux prêches de Dom Balthus. Il s’insinua dans les grâces de la femme du pasteur et des deux vieilles filles, les sœurs du fermier des Pèlerins.

L’ancien valet n’osait encore agir ouvertement,

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