Page:Germaine de Stael - Lettres et pensées du maréchal prince de Ligne, Paschoud, 1809.djvu/33

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


répondis plus toutes les fois qu’il en parla. Je pris un moment d’intervalle, pendant qu’il se mouchoit, pour l’entretenir d’une affaire relative au cercle de Westphalie, et d’un petit comté immédiat que j’y ai. Je ferai ce que vous voudrez, me dit le Roi ; mais qu’en pense l’autre Directeur, mon camarade, l’Électeur de Cologne ? Je ne savois pas, lui dis-je, Sire, que vous étiez un électeur ecclésiastique. — Je le suis, au moins pour mon compte de protestant. — Cela ne fait pas notre compte, à nous. Les bonnes gens croient que V. M. est leur protecteur.

Il étoit en train de me demander le nom de tous ceux qu’il voyoit : je lui dis ceux de quantité de jeunes Princes qui entroient au service, et dont quelques-uns donnoient des espérances. — Cela se peut, me dit-il ; mais je crois qu’il faut quelquefois croiser les races en Empire. J’aime les enfans de l’amour : voyez le maréchal de Saxe, et mon Anhalt ; quoique je craigne bien que, depuis cette chute sur la tête, il ne l’ait plus aussi bonne qu’auparavant. J’en serais bien fâché pour lui et pour moi : c’est un homme rempli de talent.

Je suis bien aise de me ressouvenir de ceci, parce que j’ai entendu dire à des sots denigrans