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HISTOIRE DE LA DÉCADENCE

ciers publics commençaient à murmurer lorsque le généreux Atticus mit fin à leurs plaintes, en leur demandant la permission de prendre sur lui le surplus de la dépense[1].

Sa réputation.

Attirés par de grandes récompenses, les maîtres les plus habiles de la Grèce et de l’Asie avaient présidé à l’éducation du jeune Hérode. Leur élève devint bientôt un célèbre orateur, du moins selon la vaine rhétorique de ce siècle, où l’éloquence, renfermée dans l’école, dédaignait de se montrer au sénat ou au barreau. Il reçut à Rome les honneurs du consulat, mais il passa la plus grande partie de sa vie à Athènes, ou dans différens palais situés aux environs de cette ville : c’était là qu’il se livrait à l’étude de la philosophie, au milieu d’une foule de sophistes qui reconnaissaient sans peine la supériorité d’un rival riche et généreux[2]. Les monumens de son génie ont disparu ; quelques vestiges servent encore à faire connaître son goût et sa magnificence. Des voyageurs modernes ont mesuré les ruines du stade qu’il avait fait bâtir à Athènes ; sa longueur était de six cents pieds : il était entièrement de marbre blanc, et il pouvait contenir tout le peuple. Ce bel ouvrage fut achevé en quatre ans, lorsque Hérode était président des jeux athéniens. Il dédia à la mémoire de sa femme Régilla, un théâtre qui pouvait

  1. Philostrate, in Vitâ sophist., l. II, p. 548.
  2. Aulu-Gelle, Nuits attiques, I, 2, IX ; 2 ; XVIII, 10 ; XIX, 12. Philost., p. 564.