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HISTOIRE DE LA DÉCADENCE

la hardiesse de l’entreprise et la solidité de l’exécution, mettent les aquéducs au rang des plus beaux monumens du génie et de la puissance de Rome. Ceux de la capitale méritent à tous égards la préférence ; mais le voyageur curieux qui examinerait les aquéducs de Spolète, de Metz et de Ségovie, sans être éclairé par le flambeau de l’histoire, croirait que ces villes ont été autrefois la résidence d’un grand monarque. Les déserts de l’Asie et de l’Afrique étaient autrefois remplis de cités florissantes, qui ne devaient leur population, leur existence même, qu’à ces courans artificiels d’une eau salubre, et toujours prête à fournir à leurs besoins[1].

Nombre et grandeur des villes de l’empire.

Nous avons fait l’énumération des habitans de l’empire, et nous venons de contempler le spectacle pompeux de ses ouvrages publics : un coup d’œil sur le nombre et la grandeur des villes confirmera nos observations sur le premier point, et nous donnera occasion sur le second d’en faire de nouvelles ; mais, en rassemblant quelques faits, il ne faut pas oublier que la vanité des nations et la disette des langues ont fait donner indifféremment le nom vague de ville à Rome et à Laurentum.

Italie.

I. On prétend que l’ancienne Italie renfermait onze cent quatre-vingt-dix-sept villes : et à quelque époque de l’antiquité que puisse se rapporter ce

  1. Montfaucon, Antiq. expliquée, tom. IV, p. 2, l. I, c. 9. Fabretti a composé un traité fort savant sur les aquéducs de Rome.