Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 4.djvu/53

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tour très-élevée qui commandait le précipice, et y attachèrent l’étendard royal, signal de confiance pour les assaillans, et de désespoir pour les assiégés. Si ces braves avaient pu se maintenir dans leur poste quelques instans de plus, peut-être le sacrifice généreux qu’ils firent de leur vie aurait-il du moins assuré la réduction de la place. Après avoir essayé sans succès les assauts et les stratagèmes, Sapor eut recours aux opérations plus lentes, mais plus sûres, d’un siége régulier, dont les travaux furent dirigés par des déserteurs romains. On ouvrit la tranchée à une distance convenable, et les soldats destinés à ce service s’avancèrent couverts de fortes claies pour remplir le fossé et saper le mur dans ses fondemens. Des tours de bois, posées sur des roues, s’avancèrent, et mirent les soldats qu’on avait pourvus de toutes sortes d’armes de traits, à portée de combattre, presque de plain pied, avec ceux qui défendaient les remparts. Tout ce que le courage et l’art pouvaient exécuter, fut employé à la défense d’Amida, et le feu des Romains détruisit souvent les ouvrages de Sapor ; mais les ressources d’une ville assiégée ne sont pas inépuisables. Les Persans réparaient leurs pertes et avançaient leurs travaux ; les béliers firent une large brèche, et la garnison réduite et épuisée, ne put résister à l’impétuosité d’un nouvel assaut. Les soldats, les citoyens, leurs femmes et leurs enfans, enfin tous ceux qui n’eurent pas le temps de fuir par la porte opposée, furent en-