Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 4.djvu/54

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veloppés par les vainqueurs dans un massacre général.

De Singara. A. D. 360.

Mais la ruine d’Amida sauva les provinces romaines. Quand les premiers transports que donne la victoire furent un peu calmés, Sapor dut réfléchir avec regret, que pour châtier une cité indocile, il avait perdu l’élite de ses troupes, et la saison la plus favorable pour les conquêtes[1]. Un siége de soixante-treize jours lui avait enlevé trente mille de ses vétérans tombés sous les murs d’Amida. Trompé dans son espoir, le monarque retourna dans sa capitale, en cachant son déplaisir secret sous un exté-

  1. Ammien a marqué la chronologie de cette année par trois signes, qui ne se rapportent pas très-bien entre eux, ni avec le cours de l’histoire, 1o. Le blé était mûr lorsque Sapor entra dans la Mésopotamie : cùm jam stipulâ flavente turgerent. Cette circonstance, dans la latitude d’Alep, nous rejetterait au mois d’avril ou de mai. Voyez les Observations de Harmer sur l’Écrit., V, I, p. 41 ; les Voyages de Shaw, p. 305, édit. in-4o. 2o. Les progrès de Sapor furent arrêtés par le débordement de l’Euphrate, qui arrive ordinairement dans les mois de juillet ou d’août. Pline, Hist. nat., V, 21 ; Viaggi di Pietro della Valle, tom. I, p. 696. 3o. Quand Sapor se fut rendu maître d’Amida, après un siége de soixante-treize jours, l’automne était fort avancé. Autumno præcipiti hœdorumque improbo sidere exorto. Pour concilier ces contradictions frappantes, il faut supposer quelque délai du roi de Perse, quelques inexactitudes de l’historien, ou quelque désordre extraordinaire dans les saisons.