Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 7.djvu/158

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dans un combat terrible, Théodoric lui-même se trouvant entraîné par les fuyards, elle se présenta à l’entrée du camp, et que ses reproches généreux renvoyèrent les troupes affronter le fer de l’ennemi[1].

Sa capitulation et sa mort. A. D. 493. Mars 5.

Théodoric régna par droit de conquête des Alpes à l’extrémité de la Calabre ; les ambassadeurs des Vandales lui remirent la Sicile comme une dépendance de son royaume ; et le sénat et le peuple de Rome, qui avaient fermé leurs portes à l’usurpateur Odoacre[2], le reçurent comme leur libérateur. Ravenne seule, que les fortifications de l’art, unies à celles de la nature, mettaient à l’abri de toute entreprise, soutint un siége d’environ trois années ; et les sorties d’Odoacre portèrent souvent la mort et l’effroi dans le camp des Goths. À la fin, cet infortuné monarque manquant de vivres, et n’ayant aucun espoir de délivrance, céda aux murmurer de ses sujets et aux clameurs de ses soldats. L’évêque de Ravenne négocia le traité de paix ; les Ostrogoths furent reçus dans la ville, et les rois ennemis consentirent, sous la foi du serment, à gouverner les provinces

  1. Nous avons inséré cette anecdote d’après l’autorité moderne, mais respectable de Sigonius (Opp., l. I, p. 580, De Occident. imper., l. xv.) Ses expressions sont curieuses : Voudriez-vous, dit-elle, rentrer, etc ? et elle lui désigna, lui découvrit presque sa première demeure.
  2. Voy. l’Hist. Miscell., l. XV, histoire romaine qui conduit depuis Janus jusqu’au neuvième siècle ; c’est un abrégé d’Eutrope, de Paul Diacre et de Théophane, que Muratori a publié d’après un manuscrit de la Bibliothéque ambrosienne. Scriptores rerum italicurum, t. I, p. 100.